Sur le terrain

Au moins deux dossiers, qui nous ont été remontés par les salariés concernés, témoignent de cet état de fait. Tout d'abord au sein de l'entité ONE chargée, entre autre, de l'installation des équipements de visioconférences.

La désorganisation de cette activité est telle qu'elle amène régulièrement les salariés devant intervenir à mettre leur santé en danger. Arrêt maladie ou démission semble être les rares possibilités raisonnables offertes pour éviter le "pétage de plomb".

Nous avons, bien sûr, alerté la DRH sur ce point (cf. Courrier en pièce jointe) , celle-ci nous a répondu..3 mois plus tard. Sur le fond, pas de surprise avec l'habituelle langue de bois. La nouveauté vient de la divergence du décompte des départs de ce service. Il semblerait qu'avec le passage au cahier des entrées/sorties électronique, beaucoup de départs ne soient plus pris en compte dans ce service par la DRH ; espérons qu'au moins les arrêts maladie le seront...

Plus sérieusement, l'exercice du "droit de retrait" que nous avons recommandé à ces salariés nous a paru salutaire. à rappeler ici. Il consiste à informer sa hiérarchie et/ou la DRH, ainsi que les représentants du personnel, que la mise en danger de sa santé (physique ou mentale) oblige un travailleur à renoncer à effectuer une activité de travail. Faites passer le message !

Le deuxième point concerne, une fois de plus, l'absence totale de communication sur un projet mis en place de façon unilatérale par la direction. Certains salariés implantés à Château des Rentiers (CDR à Paris 13) se sont entendus dire qu'ils devaient rapidement déménager sur le même site pour participer activement au regroupement de 2 activités (réseau et sécurité) en place à CDR.

Devant leur inquiétude et l'absence totale de communication de la DRH (leur hiérarchie les a seulement informé au dernier moment de ces déplacements...), nous avons demandé ce qu'il en était à la DRH. Qu'on se rassure, il ne s'agit pas de "réorganisation" (puisque le CE aurait, dans ce cas, eut l'obligation d'être consulté, ce qui n'était nullement le cas...) mais "la fusion dont il est question n’est qu’un projet de rapprochement d’équipes sans changement de mission des collaborateurs concernés, ni impact sur leurs conditions de travail."

Nous verrons rapidement si cela se vérifie dans la réalité...car si tel n'était pas le cas, nous saurions comment faire. En effet, en région, les élus du CE ont obtenu au tribunal en juillet 2016 la décision d' "ordonner à la société BT Services de suspendre la mise en application des 2 projets de réorganisation COC et SDO jusqu'à la consultation régulière du Comité d'entreprise de région" A bon entendeur...

Dans les instances représentatives du personnel

Le travail syndical n'échappe malheureusement pas au phénomène de dégradation du travail. Pour preuve, ces quelques faits sur le climat des réunions. Depuis l'arrêt du travail dans les instances du responsable syndical de la CGC (pour raison de négociation de son départ de l'entreprise...), il semblerait que les autres représentants de cette OS aient encore un peu de mal à trouver leur tempo.

Pour un coup, ils décident en CHSCT IDF, avec la seule CFTC ,d'accompagner la direction dans la mise en place d'une commission de surveillance des Risques Psycho Sociaux (RPS) et ce malgré les dangers très importants de dérives que nous avons signalé (cf déclaration intersyndicale). En effet, comment rester crédible et indépendant dans la défense de la santé des travailleurs si l'on accepte de surveiller avec la direction les conséquences de sa politique de tension (faite du "respect coûte que coûte des délais avec peu de ressources") sans remettre en cause cette organisation du travail responsable directement pour les personnes de la dégradation de leur santé au travail. Une vision du syndicalisme que nous ne partageons pas.

Une autre fois, en réunion de DP à la Défense, ils demandent à la représentante de la DRH qu'elle leur amène le café...Plaisanterie toute innocente ou machisme rampant d'un autre âge? A vous de juger. Quoi qu'il en soit, notre équipe s'est désolidarisée immédiatement de tels propos (cf Déclaration CFDT) car c'est une attitude de syndicaliste que nous ne partageons pas non plus.

Rassurez vous, la direction n'est pas en reste pour ce qui concerne le manque de respect dans les réunions d'instances. En témoigne le courrier envoyé par les élus du CE en région au responsable de la DRH ces jours-ci. Ils y dénonçaient l'attitude répétée d'un représentant de la direction faite de manque de respect et de noms d'oiseaux au cours des réunions plénières...

Ne pas être en accord avec autrui n'oblige jamais à lui manquer de respect et l'exemple devrait commencé par être donné par tous les représentants du personnel et de la direction.

Surtout continuez à nous remonter massivement vos expériences de travail car comme vous le voyez, nous en faisons bon usage. D'une part, en les diffusant auprès des autres salariés qui peuvent ainsi vérifier qu'ils ne sont pas isolés dans leurs déboires et d'autre part, en "échangeant" avec la direction sur ces sujets pour les mettre face à leurs responsabilités et exiger ainsi les changements nécessaires !! C'est notre vision du syndicalisme : proche des salariés sur le terrain pour engager un dialogue ferme, cohérent et courtois auprès de la direction.

… et pendant ce temps, pour faire diversion, la direction nous impose une formation sur le bien-être au travail…